Dans une interview au JDD, Valérie Pécresse demande à Emmanuel Macron de sortir du « double langage, voire du double jeu » sur l’immigration. La présidente LR de la Région Ile-de-France durcit elle-même son discours… et se positionne à son tour dans la course au leadership à droite.

Valérie Pécresse ­réplique à Emmanuel Macron. Après que le chef de l’État a affirmé, cette semaine devant les parlementaires de la majorité, sa volonté de faire de l’immigration un dossier prioritaire, et en attendant le débat sur ce sujet à l’Assemblée nationale, lundi 30 septembre, la présidente de la Région Île-de-France, confrontée au premier chef à cette problématique, met l’exécutif au défi. « Nous n’avons plus besoin de débatteurs, mais d’acteurs », attaque-t-elle, avant de dévoiler ses propositions en la matière. Elles sont musclées. Du resserrement des prestations sociales, tarifs réduits dans les transports ou aide médicale d’État (AME), aux restrictions de notre politique d’asile, en passant par les quotas ou l’instauration d’une taxe sur les visas des ressortissants extracommunautaires, Valérie Pécresse se positionne à droite toute.

Emmanuel Macron veut faire de l’immigration un sujet prioritaire. Êtes-vous convaincue?

Je demande au Président de mettre fin à la discordance entre ses paroles, qui sont martiales, et ses actes, qui sont faibles. Il est en permanence dans un double langage, voire un double jeu : il dit aux Français ce qu’ils ont envie d’entendre. Je lui demande de ne pas avoir la main qui tremble. Maintenant, il faut décider.

Pour Pécresse, l’acquisition de la nationalité française « ne doit plus être automatique »

Tout est à jeter en matière de politique migratoire?

Je ne vois aucune rupture avec la politique de François Hollande. Certains disent que le président Macron est de droite? Mais rappelez-vous du programme de la droite, y compris celui d’Alain Juppé. On y trouvait les quotas d’immigration, votés chaque année par le Parlement, et le refus du droit du sol pour les enfants nés de parents étrangers en situation irrégulière. Enfin, l’acquisition de la nationalité française ne doit plus être automatique. Il faut la demander, la désirer. Pas l’obtenir à 18 ans dans une pochette-surprise. La France, ça doit être un choix.

« Je suis pour la restriction de l’AME au seul panier de soins nécessaires »

Faut-il se désoler du fait que la France demeure un pays attractif?

Il faut passer au peigne fin notre politique sociale pour en finir avec les avantages indus. Je ne suis pas d’accord avec le Rassemblement national : j’estime qu’il faut poursuivre l’aide médicale d’État [AME] et la scolarisation des enfants. Mais je suis pour la restriction de l’AME au seul panier de soins nécessaires : par exemple, une maladie grave, un virus ou une urgence sanitaire. Aujourd’hui, les bénéficiaires de l’AME sont couverts à 100%!

La question de l’immigration est donc d’abord celle des prestations sociales?

Oui, elle est déterminante. Il faut mettre fin à toutes les formes d’abus. Un Français ne peut pas comprendre qu’il paie un ticket modérateur alors qu’un clandestin ne le paie pas.

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