Le magazine se demande si les fabricants ont tenu compte des recommandations de l’Anses, émises en 2017.

Trois ans après les premières alertes, le problème des protections périodiques reste entier. C’est la conclusion d’une nouvelle étude de 60 millions de consommateurs publiée jeudi 21 février. « Les études se suivent, comme les articles de ’60’ (…) Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique », constate le magazine, qui regrette que ces protections intimes ne fassent toujours pas l’objet d’une réglementation spécifique et que rien n’oblige les fabricants à en donner la composition.

En 2016, un premier dossier avait poussé l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) à se pencher sur les tampons et les serviettes hygiéniques. Des traces de pesticides comme le glyphosate, de dioxines et de composés organiques halogénés avaient été mises en évidence. En mai 2017, l’Anses avait néanmoins estimé que « la présence de ces résidus ne présente pas de risque pour la santé ».

L’Anses avait recommandé « d’éliminer ou de réduire » la présence de ces substances

Un avis jugé« pas totalement rassurant » par 60 millions de consommateurs. Le magazine remarque que les seuils sanitaires, « quand ils existent », « n’ont pas été établis pour une exposition via la vulve ou la muqueuse vaginale » et que « les experts de l’Agence reconnaissent que ‘les calculs de risque effectués ne prennent pas en compte les perturbateurs endocriniens et les effets sensibilisants [allergisants] cutanés' ».

Prudente, l’Anses avait aussi recommandé « d’éliminer, ou, à défaut, de réduire autant que possible la présence de ces substances ». Des recommandations qui n’ont pas été suivies d’effets, comme le montre le dernier test du magazine. Sept références de serviettes périodiques féminines et huit références de tampons ont été broyées puis analysées. Résultat : « Les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent », indique 60 millions de consommateurs.

Des traces de pesticides et de phtalates

Des traces de glyphosate, l’herbicide classé cancérogène probable, ont été retrouvées dans quatre références (Nana, Tampax, JHO, Natracare). Du DEHP, un phtalate non détecté dans les précédents tests et classé reprotoxique par l’agence européenne des substances chimiques (ECHA), a été détecté dans les serviettes Vania, Always, Siempre et Saforelle. Cette dernière référence présente également des traces de DnBP, un autre phtalate.

Interrogés par le magazine, les fabricants « arguent du fait que les pesticides et autres résidus ne sont pas ajoutés intentionnellement ». Une explication qui ne vaut pas pour les phtalates, dont il est « difficile d’ignorer qu’ils peuvent entrer dans la composition ». « À quand une prise de conscience collective de la filière, depuis les fabricants de protections périodiques bio jusqu’aux marques leader pour écarter définitivement ces résidus ? » s’interroge le magazine.