Le maire LR de Meaux publie un ouvrage consacré à l’intelligence artificielle. Au micro de Matthieu Noël, sur Europe 1, il estime que le sujet des nouvelles technologies n’a pas été suffisamment pris en compte par le pouvoir comme l’une des causes de la crise des « gilets jaunes ».

On le savait passionné de jazz, mais pas de nouvelles technologies. Jean-François Copé, le maire LR de Meaux, publie chez JC Lattès un livre co-écrit avec l’essayiste Laurent Alexandre, L’intelligence artificielle va-t-elle aussi tuer la démocratie ? L’ancien ministre du Budget de Jacques Chirac y décortique l’influence de la révolution numérique et du développement des intelligences artificielles sur la vie politique, allant même jusqu’à imaginer, d’ici une vingtaine d’années, l’arrivée d’un robot à l’Elysée.

« Quel est l’objet de ce livre ? Évoquer une invention, l’intelligence artificielle et le numérique, aussi importante que le feu à la Préhistoire, la machine à imprimer de Gutenberg, l’électricité et la vapeur au XIXème siècle, puis la pénicilline, c’est-à-dire des inventions qui transforment le monde », explique Jean-François Copé au micro de Matthieu Noël sur Europe 1. « Au début du XXème siècle, les incidences sont énormes, et elles bousculent la politique ».

« L’IA nation ». Mais par-delà le récit d’anticipation et ces implications philosophiques, cet ouvrage est aussi l’occasion pour le candidat malheureux à la primaire de la droite de 2017 de tenter un retour dans le débat d’idée. Jean-François Copé y déroule une sorte de plan de campagne pour permettre aux Européens de rattraper leur retard sur les Etats-Unis et la Chine en matière de nouvelles technologies. « Pour stocker les donner on utilise le cloud. Ce que vous ne savez pas c’est que vos photos, vos données bancaires, tout part aux Etats-Unis. L’idée c’est : est-ce que l’on ne peut pas faire un cloud européen pour que l’on puisse protéger [ces données] au moins entre Européens ? », interroge Jean-François Copé.

« Regardez comment Kennedy a eu cette formidable idée de dire : ‘dans dix ans on envoie un Américain sur la Lune’. Plutôt que de se battre sur tous les sujets comme on le fait avec beaucoup de médiocrité, de violence et de haine, pourquoi ne pas proposer un projet dans lequel tout le monde sera engagé ? », relève-t-il. Un projet fédérateur donc, pourvoyeur d’emplois selon lui et capable d’endiguer la fuite des cerveaux vers la Silicone Valley, et qu’il a déjà baptisé « l’IA nation ».

La révolution numérique, l’une des causes de la crise des « gilets jaunes ». L’ancien président de l’UMP déplore encore « les insuffisances d’investissement en matière de recherches » en Europe et en France, estimant d’ailleurs que la question du numérique n’a pas été suffisamment traitée par le président de la République dans le cadre du « grand débat national », alors qu’elle était, selon lui, au cœur des préoccupations du mouvement des « gilets jaunes ».

L’intelligence artificielle est l’une des causes de l’angoisse de ceux qui manifestent, demain ça peut être une réponse

« Les ‘gilets jaunes’ sont les première victimes de l’intelligence artificielle », lâche-t-il. « Les ‘gilets jaunes’ du départ, je ne parle pas des extrémistes, c’est d’abord un cri d’alarme face à l’overdose fiscale mais aussi qu’est-ce que l’on va devenir ? Que seront nos emplois demain ? Comment on va s’en sortir avec l’arrivée du numérique partout ? », analyse Jean-François Copé. « Je peux vous dire que c’est une angoisse qui concerne aussi bien les ‘gilets jaunes’ que ceux qui n’en ont pas mis. »

« L’intelligence artificielle est l’une des causes de l’angoisse de ceux qui manifestent, demain ça peut être une réponse, et une bonne réponse », assure-t-il. « Dès lors que l’on se mobilise, comme l’on fait les Américains, pour faire de l’Europe et de la France un centre de recherche et de développement, d’application pour tous les métiers [du numérique]. »