Ces insectes particulièrement coriaces élisent domicile partout dans le pays aussi bien dans les logements que les services publics ou les lieux de loisirs. Leur prolifération est telle que les députés insoumis comptent faire reconnaître le sujet comme un problème de santé publique.

Elles sont décidément partout, les punaises de lit. Pas une semaine ne s’écoule sans qu’une infestation ne se déclare ou qu’une lutte ne s’engage contre ces redoutables parasites. Le mois dernier, la ville de Marseille annonçait qu’elle se dotait de deux tentes chauffantes spécialement mises au point pour tuer de façon mobile, grâce à de la vapeur d’eau à près de 60°C larves et insectes cachés notamment dans des vêtements et du mobilier. À Montpellier comme à Paris, des chambres d’étudiants sont attaquées par ces bestioles. Et de manière récurrente, la présence de ce fléau est évoquée dans des cinémas de la capitale et d’ailleurs.

La multiplication, souvent réelle, des foyers de présences de ces petites bêtes suceuses de sang vire parfois au cauchemar et la question préoccupe de plus en plus les Français. Les députés de la France insoumise l’ont bien senti en lançant mercredi dernier une campagne contre les punaises de lit, réclamant que l’infestation par ces insectes soit reconnue comme un problème de santé publique, en présence de plusieurs associations. Les punaises de lit, qui se «nourrissent de sang humain la nuit», sont «malheureusement très peu traitées comme un problème politique» alors qu’elles font vivre «un enfer à des centaines de milliers de familles», a affirmé la vice-présidente des députés LFI Mathilde Panot, au cours d’une conférence de presse.

Évoquant «des problèmes de sommeil, parfois des allergies», l’élue du Val-de-Marne a mis en avant une «souffrance extrêmement grande» qui «pourtant n’est pas reconnue comme un problème de santé publique». Elle s’exprimait en présence de membres de plusieurs organisations, dont le Droit au Logement (DAL), l’association CLCV ou la Confédération nationale du logement (CNL) ainsi que le collectif marseillais La Cabucelle, qui s’est notamment mobilisé à la suite de l’infestation d’une école primaire.

400.000 sites infestés

Pointant un problème à la fois social et écologique, Mme Panot a réclamé notamment un «plan d’urgence national d’éradication» et un plan de prévention, alors que certaines personnes ont «honte d’en parler», associant à tort ces insectes à un problème d’hygiène. LFI plaide également pour un encadrement tarifaire des interventions des entreprises privées, évaluant le coût des désinsectisations entre «400 et 1.000 euros». Plusieurs représentants des associations ont pointé dans la foulée le caractère «exponentiel» du phénomène alors que les punaises avaient pratiquement été éradiquées dans les années 1950.

Selon le DAL, qui a organisé mi-juin une manifestation sur cette thématique et a lancé une pétition, 400.000 sites sont infestés aujourd’hui en France contre 200.000 en 2016 et 2017. Les punaises de lit, dont les piqûres provoquent notamment des démangeaisons, se développent dans les matelas et les draps, mais aussi dans les meubles et les recoins.