Les révoltes actuelles ont un lien avec l’histoire du pays. Les Noirs y ont vécu des choses très dures et se sont battus pour obtenir les mêmes droits que les Blancs.

1619-1865 : l’esclavage

Pendant très longtemps, les Européens ne savaient pas que l’Amérique existait. En 1492, il y a plus de 500 ans, l’explorateur génois Christophe Colomb a découvert ce continent, où habitaient déjà les Indiens. Des années après, des Britanniques, des Français ou encore des Espagnols ont décidé de s’y installer.

Originaire de la République de Gênes, qui se trouve aujourd’hui en Italie.

Dans les colonies du Sud (Virginie, Caroline du Sud, Caroline du Nord…), ils se sont mis à cultiver le tabac, le coton ou encore la canne à sucre. Mais ils n’étaient pas assez nombreux pour tout faire et voulaient utiliser des esclaves, c’est-à-dire des personnes qui travailleraient pour eux gratuitement et qui n’auraient pas le droit de dire non. Ils sont allés chercher des gens en Afrique.

Territoires occupés par un autre pays.

Les esclaves étaient noirs, leurs maîtres étaient blancs. Pour les faire travailler plus vite ou pour les punir, on leur donnait des coups de fouet. Photo Henry P. Moore. Library of Congress

Les esclaves étaient privés de leurs libertés et traités comme des objets : leurs maîtres pouvaient les vendre et en acheter d’autres. Ils étaient considérés comme inférieurs aux Blancs, pas intelligents, juste bons à travailler la terre. Ils n’avaient aucun droit.

Sur les marchés aux esclaves, ces derniers étaient vendus comme des marchandises. Photo De Agostini. Getty Images

1865 : la fin de l’esclavage

Des millions d’esclaves ont travaillé dans le Sud des États-Unis. Au Nord, il n’y avait pas de grandes plantations : les gens travaillaient surtout dans des ateliers et des usines et l’esclavage a été aboli très tôt. L’esclavage a pris fin dans l’ensemble du pays en 1865 après une guerre entre le Sud esclavagiste et le Nord : la guerre de Sécession. Elle a fait plus de 600 000 morts. «Les anciens esclaves ont obtenu la citoyenneté américaine et le droit de vote», dit Pap Ndiaye, historien des États-Unis.

Qui pratique l’esclavage.

1876-1964 : la ségrégation

Mais rapidement, dans le sud du pays, «les anciens propriétaires d’esclaves ont repris le pouvoir. Ils ont enlevé aux Noirs le droit de vote et imposé la séparation des Noirs et des Blancs dans les hôpitaux, les transports, les écoles et tous les lieux publics», détaille Pap Ndiaye. Cette séparation était appelée la ségrégation.

La pancarte «Coloré» signifie que cette fontaine à eau était réservée aux Noirs qui n’avaient pas le droit de boire dans celles des Blancs. Photo Glasshouse Images. Photo12

Des milliers de Noirs ont été torturés et tués par des Blancs, «afin d’entretenir une atmosphère de terreur dans la population noire», précise Pap Ndiaye. Ça s’appelait des lynchages. Une partie des Américains noirs ont quitté le Sud des États-Unis pour aller se réfugier dans le Nord.

Années 1950-1960 : le mouvement des droits civiques

Des Américains noirs ont décidé de se réunir et de se battre pour obtenir les mêmes droits que les Blancs. C’est ce qu’on appelle le mouvement des droits civiques. «Ils ont organisé des manifestations, boycotté les magasins et restaurants qui refusaient de les servir et de les embaucher. Ils sont parvenus à obtenir la fin de la ségrégation en 1964 et le rétablissement du droit de vote en 1965», indique Pap Ndiaye.