En RDC, une lourde peine a été prononcée contre un engagé local de l’Agence nationale de renseignements (ANR) à Kalémie, dans la province du Tanganyka. Michel Bwana a été reconnu coupable de torture, extorsion et vol avec violence perpétrés sur trois citoyens congolais. Organisé depuis lundi sur la place publique, ce procès a été suivi avec grand intérêt par la population mais aussi par les autorités nationales.

avec notre correspondant à Kinshasa, Kamanda Wa Kamanda

Vingt ans de prison ferme, 20.000 dollars de dommages et intérêts accordés à la principale victime Ghislain Kabwe, 400.000 francs congolais pour les deux autres victimes… Le tribunal de Kalémie a été sans pitié pour Michel Bwana, engagé local de l’ANR.

Au départ de l’affaire, une plainte pour des sévices sur Ghislain Kabwe, âgé d’une trentaine d’années, qui, samedi 13 juin, avait été torturé après avoir été faussement accusé de contrefaçon de monnaie.

Le jour de l’ouverture du procès, lundi, deux autres victimes sont venues témoigner contre Michel Bwana. À un homme d’une soixantaine d’années, il avait, en plus des sévices corporels, exigé une somme de 1.000 dollars pour sa libération. Des témoins ont dénoncé les méthodes de terreur instaurées par l’ANR depuis l’arrivée à Kalémie d’un nouveau responsable provincial de ce service de sécurité.

Et, au cours de ce procès, il a été révélé que de nouveaux effectifs non reconnus par les autorités nationales avaient été recrutés sur place. C’est le cas de Michel Bwana, dont les relations de parenté avec le directeur provincial de l’ANR auraient été établies. Pour Joseph Mulunda du Collectif des jeunes Leaders, ce procès devrait dissuader tous ceux qui, à l’avenir, pourraient s’aventurer dans des violations des droits humains.