L’attaque a eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi à Nobili dans le Nord-Kivu, tout proche de la frontière ougandaise. Une vingtaine de prisonniers a été libérée et au moins trois civils ont été tués. Depuis la ville frontalière de Busunga, côté ougandais, ne désemplit pas.

Un matelas et deux gros de sacs de vêtements : ce sont les seuls biens qu’Amena a réussi à emporter avec elle avant de s’enfuir de Nobili.

« On a été réveillé par des bruits de coups de feu. Alors on a couru et on est parti se cacher, on ne savait pas ce qui se passait. C’est la première fois que ça arrive ici. On a pris tout ce qu’on pouvait transporter, et on est arrivé ici. »

Depuis la nuit de mercredi à jeudi, plus de 7000 Congolais ont traversé la frontière pour se réfugier en Ouganda. La ville de Nobili accueillait de nombreux déplacés des villages alentours, qui fuyaient les attaques récurrentes des groupes rebelles. C’était le cas d’Amiisi Masimango.

« C’est la troisième fois que je subis une attaque. On vivait dans la peur dans les villages et on venait de déménager à Nobili pour être plus en sécurité. Mais on a quand même été attaqué. »

Côté ougandais, dans la ville de Busunga, des dizaines de groupes attendent le bus du HCR pour se rendre au centre de transit de Bubukwanga, à une vingtaine de km de la frontière. C’est la première fois que la ville fait face à un tel afflux de réfugiés selon Jacqueline Konsinga, à la tête de la municipalité de Busunga.

« La ville est saturée, les réfugiés sont partout. Et on ne connaît même pas leur identité parce qu’ils étaient trop nombreux pour être filtrés à la frontière. Certains ont été transportés dans le centre de transit, d’autres sont restés dans la ville, et d’autres sont repartis en RDC. »

Selon elle, de nombreuses nouvelles arrivées sont attendues durant ce week-end.