La justice militaire rwandaise annonce l’ouverture d’une enquête à la suite d’accusations de violences à l’encontre de civils dans un bidonville de Kigali. Cette semaine, la presse locale rapportait plusieurs témoignages d’habitants de ce quartier pauvre du secteur de Nyarutarama, selon lesquels des soldats en patrouille auraient violé des femmes et passé des hommes à tabac.

Dans un communiqué publié samedi, le ministère de la Défense assure que cinq soldats ont déjà été placés en détention, sans préciser les charges retenues contre eux et annonce qu’au terme de l’enquête, un procès se tiendra dans le bidonville même, et en public. Vendredi, peu après le dévoilement de l’affaire par la presse locale, des militaires étaient déployés dans la zone pour interroger des victimes présumées.

Selon plusieurs témoignages, des soldats qui effectuaient leur patrouille dans le quartier auraient violé des femmes et battu des habitants au cours des deux dernières semaines. Difficile cependant de déterminer les chiffres et les circonstances précises de ces violences.

Ce bidonville, que certains Rwandais appellent « Bannyahe », ce qui signifie « l’endroit où je peux déféquer » en kinyarwanda, fait en tout cas régulièrement la une de la presse rwandaise depuis plus d’un an. En effet, selon un plan d’aménagement de la ville de Kigali, ces habitations informelles devraient bientôt laisser place à un complexe immobilier flambant neuf. Plus de 1000 familles devraient être expropriées. Mais certaines rejettent la solution de relogement qui leur a été proposée et ont saisi la justice.