Santé Publique France a fait état d’une baisse de 7% de nouveaux cas en 2018, une première en France.

A la veille de la réunion de Lyon sur la reconstitution des financements du Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Santé Publique France a annoncé des chiffres plutôt positifs sur le nombre de nouvelles contaminations dans l’Hexagone. «En France, près de 6 200 personnes ont découvert leur séropositivité VIH en 2018, dont 56% ont été contaminées par rapports hétérosexuels, 40% lors de rapports sexuels entre hommes, et 2% par usage de drogues injectables.» Et surtout : «Le nombre total de découvertes de séropositivité a diminué de façon significative entre 2017 et 2018, de 7%, après plusieurs années de stabilité.»

Cette bonne nouvelle fait suite à la baisse déjà annoncée d’une régression des contaminations à Paris. Le mois dernier, la mairie de Paris et l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France avaient ainsi précisé qu’en 2018, «906 Parisiennes et Parisiens ont appris leur séropositivité, contre 1 078 en 2015, soit un recul de 16%». Enfin une baisse, pourrait-on dire, car depuis plus de trois ans, de nouveaux outils de prévention sont mis à disposition, en particulier la Prep – une prise de médicament avant toute prise de risque –, mais aussi le TASP («Treatment as prevention») qui prend appui sur le fait que toute personne sous traitement n’est plus contaminante.

Une diminution encore à confirmer l’an prochain

Selon Santé Publique France, «de 2013 à 2018, le nombre de découvertes de séropositivité a diminué de façon significative chez les personnes nées en France, aussi bien chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) que chez les hommes et femmes contaminés par rapports hétérosexuels. La diminution concerne également les hommes hétérosexuels nés à l’étranger». Et encore : «Sur la même période, le nombre de découvertes de séropositivité est resté stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger et a augmenté chez les HSH nés à l’étranger, probablement pour des raisons différentes.»

Au final, comme le note prudemment l’agence sanitaire, cette diminution très attendue «devra être confirmée avec le recul d’une année supplémentaire». Mais, surtout, il s’agit d’aller beaucoup plus loin, car aujourd’hui la société a tous les moyens pour casser drastiquement la chaîne de l’épidémie.