Trop c’est trop, pour les habitants de Soueida en Syrie. Durant les neuf années de guerre, cette ville du sud du pays a soutenu le pouvoir en place, mais les difficultés économiques ont poussé des centaines de personnes dans la rue. Comme dans d’autres régions rebelles, ces gens réclament désormais la chute du pouvoir.

Trois jours de manifestations et de slogans hostiles au régime. À Soueida, les appels à la désobéissance civile se multiplient. « La Syrie est notre pays, elle n’est pas la propriété des Assad », scandent la foule en colère. Les commerces ont baissé le rideau. Les protestataires occupent la rue et dénoncent désormais la mainmise sur les richesses du pays de leur ancien allié, le président Bachar el-Assad.

La Syrie est en plein marasme économique. La livre, la monnaie nationale, s’est effondrée. Le salaire moyen dépasse à peine les 20 dollars par mois. Les habitants de Soueida espèrent un soulèvement dans toutes les provinces du pays.

Au nord, à Idleb, région rebelle, leur appel est entendu et des rassemblements sont organisés en signe de soutien. Mais certains, au sein de l’opposition, leur reproche leur silence complaisant durant les neuf années de guerre. « À Soueida, c’est la faim qui vous a poussés dans la rue. Nous, nous défendons des valeurs de liberté et de démocratie » commentent des militants anti-régime sur les réseaux sociaux.

♦ Témoignage

À Soueida vit la minorité druze syrienne. Selon Nour Radwane, un opposant originaire de Soueida, cette communauté s’est toujours tenue à l’écart du conflit mais aujourd’hui elle réclame clairement la chute du régime.  « Les manifestations à Soueida ont débuté par une campagne baptisée : nous voulons vivre. A travers cette initiative les gens ont demandé au régime d’agir afin d’améliorer leurs conditions de vie. Il y avait des revendications socioéconomiques mais aussi sécuritaires. Mais le régime syrien nous a complètement ignorés.

En réalité le régime est uniquement préoccupé par son martinien au pouvoir. C’est vrai qu’à Soueida la minorité druze s’est toujours tenue à l’écart du conflit. Les druzes n’ont pas voulu se soulever contre le régime pour ne pas subir ses bombardements et en même temps ils devaient faire face aux attaques des djihadistes de Daech et du Front al Nosra.

Mais aujourd’hui les habitants de Soueida qui se soulèvent contre le pouvoir le disent clairement : ce régime n’a plus la capacité de diriger le pays. Nous réclamons son départ. »