La direction du lycée défend une mesure destinée à « adapter » les élèves au milieu professionnel.

Locks, tresses et afros… Ces coupes de cheveux ont été interdites dans un lycée privé de Baie-Mahault en Guadeloupe, a indiqué la direction de l’établissement vendredi 12 juillet à Radio Caraïbes International (RCI).

L’une des responsables du lycée y était interrogée après la publication d’une photo sur Twitter portant la mention « coupes de cheveux femmes / hommes non autorisées au lycée Bel Air », ceci pour la « rentrée 2019 ». Le tweet de @Dnl_Gab reproduit la photo d’une affiche de près de 30 coupes de cheveux : coupe afro, dreadlocks et teintures pour les femmes, waves, curls et locks ou dégradés interdits également pour les garçons.

Kit Harrington, l’acteur incarnant Jon Snow dans la série à succès Game of Thrones, se retrouve aussi sur le panneau des coupes interdites. « Mais, c’est quoi les coupes autorisées? A part venir chauve, c’est impossible d’aller dans ce lycée », estime un twitto quand un autre s’insurge : « Autant interdire les Noirs tant qu’on y est ».

Une disposition validée par les parents d’élèves

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Interrogés par RCI, les services scolaires de l’établissement ont indiqué qu’il s’agissait d’une décision de règlement intérieur, prise, selon eux, dans le but d’adapter les élèves à un milieu professionnel demandeur de moins d’excentricité.

« Nous ne sommes pas fermés à ce qu’un élève ait un afro mais il doit être maintenu, et les locks attachées », a indiqué une représentante de la direction, qui précise que la disposition a été validée par les parents d’élèves du lycée. Les affiches ont été retirées en cours de journée pour apaiser les esprits.

Pourquoi les coiffures afro continuent-elles à être perçues comme choquantes ou pas assez formelles ? Dans un article publié sur le site La Vie des idées, l’anthropologue Arya Gordien rappelle que la stigmatisation des cheveux crépus tire son origine de la période coloniale et esclavagiste. « En Afrique, en Europe et aux Amériques, ce passé colonial explique que la norme européenne du cheveu lisse se soit imposée comme critère de beauté » et d’acceptabilité.